Une côte se dessine à l’horizon. Tout le monde sur le pont. Les dernières minutes de plus de 30 heures de navigation.
Ambiance fraîche et quelque peu austère en arrivant dans cet archipel des Îles Féroé. Un dernier virage, Tórshavn se dévoile dans son manteau nocturne. Nous voilà désormais à quai.
Contrôle du passeport à la volée. Cap sur le camping pour un premier montage de la tente après avoir profité des auberges et des abris en terre helvético-danoises.
Un réveil en douceur. Sentir cette ancrage ici au beau milieu de l’Atlantique. Un coup d’œil sur le fameux stade Tórsvøllur de l’équipe nationale qui m’offre même un dégagement inattendu dans la surface de jeu.
Je comprends très vite que les moutons seront de fidèles compagnons. Nous traversons leur territoire. Leur liberté est infinie. Comme la mienne, de choisir mes routes.
Les prévisions météo annoncent 3 belles journées sans précipitations. Je suis toutefois rapidement mis au diapason d’un autre facteur local, le vent.
Glacial et frontal. S’extirper de la capitale n’a rien d’une sinécure. La première ascension franchie, mes yeux découvrent une vision inédite. Des routes côtières, aux vastes montagnes flottantes au loin, quelques villages authentiques parsèment le territoire.
Les voies de communication étant peu nombreuses, les usagers se retrouvent sur les mêmes tronçons. Généralement larges et goudronnés, une invitation à la vitesse.
Si dans ces contrées le mouton est roi, la petite reine n’a pas vraiment voix au chapitre. Une population cycliste quasi inexistante et des conducteurs généralement peu enclins à dévier à gauche.
Là où tournent les éoliennes, la voiture électrique compose une large majorité du parc automobile quand bien même le carburant y est bon marché.
Quelques aller-retours pour glaner de beaux points de vue, ici la route n’est jamais plate mais le spectacle de toute beauté.
Ces nombreuses îles sont connectées par une série de tunnels creusés à travers les montagnes ou l’océan. Il ne s’agit pas vraiment de l’expérience la plus recommandable à vélo.
Collé par la pente ou le chargement, je tente de deviner la nature du véhicule suivant au simple son se rapprochant.
Arrivé à leurs termes, on respire mieux, au propre comme au figuré. Le regard souvent impressionné.
Mais parfois la traversée d’un tunnel n’est pas forcément lugubre et pénible. L’espoir d’une issue heureuse adoucit la progression.
Comme tôt ce matin-là, déchargé de mes sacoches, je m’amuse d’un long aller-retour pour me rendre au village de Gasadalúr. La route est étrangement calme. Ce bout de terre abandonné des touristes qui ronronnent encore.
De ce temps maussade, la cascade de Múlafoss jaillit sous une lueur solaire divine. Moment gravé.
Grâce à la magie du soleil, les vues sont souvent imprenables mêlant bras de mer et falaises abruptes. Seul le vent vient perturber cette quiétude. Se faire tout petit ou utiliser toute son envergure pour jouer avec lui.
Derrière le col, l’immensité se dessine et laisse place à de belles courbes dans lesquelles mon destrier semble de plus en plus à l’aise.
Le coup de pédale est bon. Le plus souvent accompagné d’une transpiration abondante lorsque le vent cesse et que la route se dresse. Chaud!
Et les oiseaux omniprésents comme pour alléger le déplacement soumis au volonté d’Éole.
C’est déjà l’heure du ferry pour la suite du voyage. En attendant l’arrivée du bateau, je retrouve Sven, croisé la veille au camping.
Le temps d’une bière, et de se remémorer ces Îles Féroé et d’imaginer la suivante, l’Islande.
Mon vélo bien calé, je m’assoupis bercé par les flots et le crachin rêvant de cette terre de glace et de feu.
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Merci d’avoir lu la Route de la Sève.
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Tes photos me rappellent de merveilleuses vacances... Ah les îles Féroé 💙
Magiques ces Féroé... T'as gardé le ballon ;-)
Superbes photos, bravo et bonne continuation !