Chaque terre a son histoire. Ici, à l’Est de l’Islande, à Seyðisfjörður, au bout du fjord, l’industrie de la pêche y a tenu une place centrale durant près de 150 ans. Désormais reléguée au rang du musée, très récemment.
Au fond de ce bras de mer gît même un pétrolier anglais bombardé par la Luftwaffe en février 1944. Bien qu’éloignée du conflit sur le continent européen, l’Islande a joué un véritable rôle de base arrière pour les Forces Alliés durant la Seconde Guerre mondiale.
Désormais, ce sont les bateaux de croisière qui déversent quasi quotidiennement des centaines de touristes pour de rapides excursions.
Mais si le regard quitte le niveau de la mer, il est vite pris de haut par un magnifique cirque de montagnes qui entoure cette ville côtière.
Certes à des altitudes contenues d’environ 1000 mètres mais dont les flancs sauvages et imposants impressionnent même mon regard « alpin ».
Autant dire qu’à la découverte du challenge « Seven Peaks - Mountain Viking Seyðisfjörður », il n’en fallait pas plus pour m’attirer sur ces hauteurs.
Au nombre de sept, comme les fameuses Dents-du-Midi de mon Chablais natal, ces sommets répondent aux doux noms suivants:
1.Sandhólatindur
2.Bjólfur
3.Nóntindur
4.Hádegistindur
5.Strandartindur
6.Snjófjallstindur
7.Bægsli
Le but du challenge est gravir la totalité d’entre eux, avec mention spéciale en y parvenant en moins de 24 heures.
Un sérieux défi dont les chiffres sont plutôt approximatifs car il en va de chacun de créer sa propre trace à travers cette immensité de roches, de neige et autres végétations basses et humides.
Aucune réelle indication sur le terrain, et une carte très lacunaire transmise par l’office du tourisme. Le tout associé à une carte à poinçonner une fois le sommet atteint.
Une fenêtre météo inespérée en ce début d’août 2026, l’occasion rêvée de s’exprimer dans ces montagnes islandaises aidé de mon vélo pour quelques transitions.
La montée matinale vers Sandhólatindur offre un panorama splendide sur le fjord baigné par un puissant soleil. L’épaule finale est majestueuse avec un mélange de pierre et de neige.
Seul. Excepté, la présence d’oiseaux chantants, de moutons laineux et de cygnes flottants. On s’accommode volontiers de cette agréable compagnie.
Retour au vélo pour se rapprocher de la prochaine cime en démarrant depuis la station de ski du coin.
Un long détour inutile me fait perdre du temps mais gagner en paysages, pour enfin atteindre Bjólfur. En face se dresse une interminable et majestueuse arête. Le menu des prochaines heures.
La présente descente s’effectue partiellement sur des névés peu raides. Une bénédiction pour les articulations.
Retour à la bicyclette pour une dégringolade rapide et bitumée avant d’entamer une nouvelle ascension de 1000 mètres. Droit dans la pente, guidé par la simple logique de la progression la plus aisée.
Le ciel bien bleu jusque là se couvre de voile blanc et me plonge dans un brouillard, menaçant la facilitée de mon orientation.
Après quelques ajustements et des pierriers tremblants en dévers, j’atteins enfin le col et le soleil. Les montagnes dominent une épaisse mer de nuage. Je poursuis vers Nóntindur et sa crête accidentée, en mode aller-retour.
Le terrain s’avère moins roulant qu’attendu et le temps qui tourne sur ma montre, indécent.
Les tensions musculaires se manifestent gentiment alors que le bout de la crête semble être à une éternité.
C’était sans compter sur une section de grimpe plutôt escarpée aux rochers branlants pour atteindre Hádegistindur.
N’en demeure que le décor est d’une rare beauté, suspendu entre les montagnes et le ciel. Un vrai bain de bonheur. Et j’essaye juste de reprendre mon souffle, coupé par tant de majesté.
Quelques pas de chèvres pour atteindre enfin le sommet de Strandartindur qui marque enfin le terme de l’arête.
Entre temps, vu l’heure et mon état physique, je me résigne à me limiter à 5 des 7 sommets pour le coup.
Le retour à Seyðisfjörður me rend quelque peu nerveux avec la traversée de ce voile nuageux et d’un terrain annoncé comme escarpé répondant à l’effrayante appellation de Botnar.
Il me faudra encore de longues heures pour descendre en dessinant mon chemin au gré des pierriers, falaises, cascades et torrents. Et quelques sueurs froides, malgré un terrain heureusement sec.
Pour me rassurer, ce bassin versant a connu un énorme glissement de terrain en 2020 qui a dévasté une partie du village.
Les retrouvailles avec mon 2 roues (la photo suivante date du lendemain à la sortie des bains ;)) marque la fin de cette sacrée aventure bien exigeante autant physiquement que mentalement. Mais quelle journée!
Je garderai confidentiel les chiffres qui feraient plus mal à vos yeux qu’à mes jambes.
Je reviendrai pour terminer les 2 derniers sommets. Assurément.
Takk Sofie for the inspiration;)
—
Merci d’avoir lu la Route de la Sève.
Abonnez-vous pour recevoir les nouvelles de la Route.













































C'est bon, tu as les points pour l'UTMB 2027 !!! Bravo Manu !
Bonne suite !